carnet de


Ismaïl Bahri

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mardi 18 juillet 2017

Après un mois de silence et de prise de recul, je reviens clore ce carnet tenu depuis un an, avec intermittences, en fonction des intensités de travail et des envies.

J’ai relu le carnet, retracé quelques souvenirs et m’est ré-apparue la difficulté que représente un tel « exercice ». J’ai le sentiment que toute tentative de retranscription d’une recherche en cours – quelle que soit son degré de fidélité – est délicat. Cela revient à être à la fois l’acteur et l’observateur d’une même chose. Ce qui représente une torsion délicate mais intéressante parce que je crois que c’est, d’une certaine façon, ce que j’essaye de faire dans mon travail : travailler avec des matériaux en même temps que j’en enregistre les développements.

Je me suis donc pris au jeu du carnet, avec enthousiasme. Et malgré un essoufflement vers la fin (mais il faut dire que les dernières semaines de préparation de l’exposition m’ont laissé peu de répit) je trouve qu’il a plutôt bien tenu la distance.

En parcourant le carnet, je me rends compte de l’avoir pensé comme un double allusif – et parfois un peu infidèle – des recherches menées ces derniers mois. Est-ce par timidité, par peur de dévoiler totalement ce que je considérais toujours comme étant insuffisant et perfectible ? Aucune idée… Je me suis surtout adonné, je pense, à l’exercice de l’allusif et du ricochet. Comme si ce carnet avait été l’épiphénomène, l’écho centripète ou l’après-coup lointain d’une recherche inquiète. Je crois que je l’ai plus conçu comme un phrasé rythmique (fait d’images et de mots) que comme le calque précis de ce qui se tramait à l’atelier. Il n’en escorte pas moins, je crois, le tâtonnement de ces derniers mois.

Je voudrais remercier tout ceux qui l’ont suivi et vous dire à bientôt.

dimanche 11 juin 2017

Le montage de l’exposition. Photographie Camille Degeye, 2017

samedi 10 juin 2017

Quelques photographies du montage de l’exposition par Camille Degeye


















vendredi 9 juin 2017

jeudi 8 juin 2017

mercredi 7 juin 2017




mardi 6 juin 2017

Le montage avance. Encore une semaine pour être fin prêts !

mardi 2 mai 2017

Le catalogue de l’exposition commence à voir le jour !

Photo : Caroline Magre, White Papier Studio, 2017

vendredi 21 avril 2017

Dans Les Nuées, Aristophane décrit le moyen subtil imaginé par Socrate pour calculer le saut des puces et établir le rapport exact entre le saut et la longueur des pattes. Venu apprendre de Socrate les « raisonnements subtils », Strepsiade se fait narrer par le disciple du maître certaines de ses ingénieuses découvertes. Le calcul travaille sous le seuil de perception, à la limite de l’incalculable :

– Le disciple : Socrate venait de demander à Chérephon combien de fois une puce pouvait sauter la longueur de ses pattes ! En effet, une puce avait piqué Chérephon au sourcil, et de là, elle avait bondi sur le crâne de Socrate.
– Strepsiade : Et comment a-t-il pris cette mesure ?
– Le disciple : Le plus ingénieusement du monde ! Il a fait fondre de la cire, et puis il a saisi la puce, lui a trempé les pattes de derrière dans la cire, et à la fin, après refroidissement, des chaussons s’étaient formés autour d’elles ! ».
En déchaussant ses puces, Socrate a mesuré l’espace.
« Quelle finesse d’esprit ! », s’exclama Strepsiade.


(Aristophane, Les Nuées, in Théâtre complet, Bibliothèque de la Pléiade, 1997, p. 177.)

lundi 10 avril 2017

« La difficulté est de trouver l’endroit où l’on souffre. S’étant rassemblé, on se dirige dans cette direction, à tâtons dans sa nuit, cherchant à la circonscrire (les énervés n’ayant pas de concentration sentent le mal partout), puis, à mesure qu’on l’entame, le visant avec plus de soin, car il devient petit, petit, dix fois plus petit qu’une pointe d’épingle ; vous veillez cependant sur lui sans lâcher, avec une attention croissante, lui lançant votre euphorie jusqu’à ce que vous n’ayez plus aucun point de souffrance en vous. » (Henri Michaux, « Entre centre et absence » in Lointain intérieur, Plume, précédé de Lointain intérieur, Gallimard, Paris, 1985, p.13.)



Se parcourir, remonter à la racine de la douleur, cerner le point du picotement reviendrait à agréger son propre corps en un point précis.