Fondation nationale des arts graphiques et plastiques

Depuis 1976, La Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, dirigée par Gérard Alaux, favorise et développe des actions en faveur des artistes graphistes et plasticiens. La Fondation a été un partenaire fidèle du Centre national de la photographie, qu’elle a hébergé de 1993 à 2004 et dont elle a soutenu financièrement plusieurs expositions. Elle a souhaité marquer fortement ce lien ancien en renforçant ses actions en faveur du Jeu de Paume, dès son installation place de la Concorde. Elle apporte son soutien financier à la Programmation Satellite, et accueille à la Maison d’art Bernard Anthonioz, lieu dédié à la jeune création graphique et photographique qu’elle a ouvert en 2006 à Nogent sur Marne, des expositions produites en collaboration avec le Jeu de Paume dans le cadre de sa programmation hors les murs.

Le magazine Que représente pour vous le Jeu de Paume ?
Gérard Alaux Le Jeu de Paume est une sorte de carrefour, de croisement aussi complexe et fluide à la fois que la place de la Concorde où, dans une confrontation apparente tout s’organise et se met en valeur sans se heurter vraiment mais avec des rencontres et des rapprochements aussi inattendus que stimulants. Un lieu de réflexion aussi, où l’on peut  faire le point de la photographie sous toutes ses formes et dans ses expressions les plus actuelles. Un vrai lieu d’accueil, sans frontières. Pour la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, c’est un partenaire majeur que nous soutenons activement et avec lequel nous coproduisons chaque année, une manifestation pour la Maison d’art Bernard Anthonioz que la Fondation anime à Nogent-sur-Marne. Un lieu d’échanges, donc.

Le mag Pourquoi avez-vous choisi d’apporter votre soutien à la Programmation Satellite du Jeu de Paume ?
GA Le soutien que la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques apporte à la Programmation Satellite s’inscrit dans la continuité d’une politique amorcée du temps où le Centre national de la photographie (CNP) était hébergé dans les locaux de la Fondation, rue Berryer. Déjà, la Fondation avait choisi de privilégier le travail de recherche entrepris par Régis Durand – directeur du CNP – dans le cadre de l’Atelier, en apportant son appui à cette programmation qui correspondait parfaitement à ses propres missions de soutien à la jeune création. C’est donc tout naturellement que, lorsque Marta Gili – directrice du Jeu de Paume – nous a proposé une nouvelle aventure avec Satellite, nous l’avons accompagnée sans hésiter, dès sa mise en place. Nous en sommes cette année à la troisième édition et la richesse de cette démarche singulière de laboratoire qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’image sous toutes ses formes, ne se dément pas et répond pleinement à notre attente. Au-delà de la diversité des points de vue exprimés par les trois commissaires successifs et des propositions des créateurs, on retrouve dans cette programmation, cette idée du « jeu » qui perturbe et remet en cause l’image comme aussi l’espace d’exposition. L’absence de frontière dans le territoire du bâtiment entre les « grandes » expositions et les interventions poil-à-gratter de Satellite font partie de ce jeu qui met sans cesse l’attention – la tension – du visiteur en porte-à-faux. Et c’est particulièrement réjouissant.

Le mag Quelle est l’exposition du Jeu de Paume qui vous a le plus marqué ces deux dernières années ?
GA Sans hésitation, la rétrospective consacrée à Sophie Ristelhueber – du 20 janvier au 22 mars 2009. Je gardais en mémoire des souvenirs d’une présentation de « Fait » au Magasin à Grenoble il y a quelques années et j’ai été frappé, avec le rassemblement au Jeu de Paume de travaux effectués soit antérieurement soit plus tardivement que je connaissais moins ou dont je n’avais vu que quelques éléments épars ou dans des catalogues, par l’homogénéité de l’œuvre et par sa profondeur qui va bien au-delà d’un travail documentaire qui semble être offert à première vue. Les notions de temps et de territoire, plutôt rebattues actuellement et invoquées parfois à tort et à travers, devenaient plus palpables, dans cette présentation, par l’économie du moyen photographique – souvent – et aussi par la distance juste des travaux exposés. C’est le terme militaire de « théâtre des opérations » qui me vient bizarrement à l’esprit en repensant à cette exposition. J’avais beaucoup aimé aussi, lors de cette exposition, l’ouverture de l’espace du Jeu de Paume vers le jardin qui donnait une dimension particulière à la présentation de certaines séries.