Arin Rungjang · Claudio Zulian · Damir Očko · Daphné Le Sergent · Estefanía Peñafiel Loaiza · Ismaïl Bahri · Natacha Nisic · Omer Fast

DLS 02-04


Discussion avec Agnès Violeau pt.2



Agnès Violeau : Tu as mené une longue phase de recherche avant de produire cette trame qui se présente comme un essai vidéographique, introduit par deux vidéos plus courtes présentant d’une part ce qu’est l’eye-tracking, d’autre part l’objet émotionnel, sous la forme d’une fausse démonstration scientifique pour arriver à la fiction. Peux-tu développer ta relation à l’écriture, dans ton travail de vidéaste – j’entends ta relation au texte, omniprésent sous sa forme plastique ou sonore dans tes vidéos, mais aussi à la narrativité, au séquençage des images, qui est une forme d’intertextualité ?


Daphné Le Sergent : Le texte joue plusieurs rôles dans la genèse du travail. Tout d’abord, le texte compile la connaissance que j’ai pu accumuler sur un sujet, il me permet de réfléchir sur ce sujet. Ensuite, le texte devient un matériau de création. Il permet une abstraction dans les idées, un mouvement de réflexion. Telle idée aura telle forme linéaire, pareille à un schéma dynamique de pensée. Certes la lecture d’un texte se fait de gauche à droite, ligne par ligne, mais les mouvements de pensée que cette lecture suggère sont pour moi comme un dessin mental, une ligne harmonique presque musicale. J’aime bien le terme d’ « essai vidéographique » pour ce projet car je me suis beaucoup documentée et je pourrais tirer un texte de mes lectures mais ici tout décante, s’envole, s’évanouit (une grande partie de mes lectures est tombée dans l’oubli), les lignes des mouvements de pensée ont laissé place aux lignes des mouvements du montage et des dessins-photographies animés.