Arin Rungjang · Claudio Zulian · Damir Očko · Daphné Le Sergent · Estefanía Peñafiel Loaiza · Ismaïl Bahri · Natacha Nisic · Omer Fast

AR1602

“In the eyes of Napoleon III, this embassy enhanced his prestige. Obviously, it confirmed his status as a great European sovereign, receiving the homage of another sovereign from the other side of the earth. […] It is likely that this homage paid to Napoleon III, with great signs of respect—Siamese court protocol dictated that ambassadors should crawl—had a significant impact, because this protocol could give France the illusion that Siam was crawling at the feet of Emperor Napoleon III. But all that is purely symbolic, because from a diplomatic point of view, France never really had any ascendancy over the territory or ruler of Siam. So yes, it’s true that, in spite of it all, there were periods of tension, notably with the question of the retrocession of provinces to Cambodia, that is to say, to French Indochina. Still, at the time of the embassy I think that, in the end, for the Emperor Napoleon III it was a way of dominating the ruler of Siam, even if King Mongkut had not really seen it that way at the time.”

Pierre Baptiste, senior curator of the Musée Guimet, from a conversation with Arin Rungjang, 17 December 2014.

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« Aux yeux de Napoléon III, cette ambassade est un élément de prestige : c’est évident car cela assoit sa stature de grand souverain européen, qui reçoit l’hommage d’un autre souverain se trouvant de l’autre côté de la terre… Il est probable que cet hommage rendu à Napoléon III, qui se fait avec beaucoup d’égards –le protocole de la cours de Siam imposant aux ambassadeurs de ramper par terre– ait eu un impact aussi très important, parce que ce protocole pouvait donner à la France l’illusion que le Siam rampait au pied de l’empereur Napoléon III. Mais tout cela est purement symbolique, puisqu’en fait d’un point de vue diplomatique, la France n’a jamais eu un rôle de véritable domination sur les territoires et le souverain du Siam. Alors c’est vrai que malgré tout, il y a eu des périodes de tension, avec notamment la question de la rétrocession de provinces au Cambodge, c’est-à-dire à l’Indochine française. Mais à l’époque de l’ambassade, je pense que, malgré tout, pour l’Empereur Napoléon III, c’était une manière de dominer le souverain du Siam, même si ça n’avait pas été conçu comme ça par le roi Mongkut à l’origine. »

Pierre Baptiste, conservateur en chef du musée Guimet, extrait d’interview avec Arin Rungjang, 17 décembre 2014.