16 septembre 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur Dernier billet

Dernier billet

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Pour Maria Filomena

« Vous voulez trouver le feu ? Cherchez-le dans la cendre », proverbe hassidique

« C’est de cette image que part Benjamin, même s’il ne mentionne pas le proverbe. Il compare le texte littéraire à un amas de cendres. Le commentateur se penche sur les cendres à la façon d’un chimiste, le critique cherche à y voir la lueur, le feu, la flamme de la vie. »
                        Le chimiste et l’alchimiste, entretien avec Maria Filomena Molder.
                        Revue Europe – Walter Benjamin – avril 2013. n. 1008. p. 81.

                                                            What thou lovest well remains,
                                                                                                            the rest is dross
                                                            What thou lov’st well shall not be reft from thee
                                                            What thou lov’st well is thy true heritage
                                                                                                                                  – E. Pound

Fogo-Cinza. Photo : Eduardo Jorge.

Fogo-Cinza. Photo : Eduardo Jorge.


On voulait on a voulu déployer peu à peu ces derniers mois un regard déployer l’esquisse d’un regard accorder un regard à la durée d’un essai poser ces quelques lignes des parcours des notes ces derniers mois déployer là où des images et des personnes rencontrées se croisent deviennent quelque chose des lignes d’errance de lumière déployer celles qui continuent sans cesse des images qui migrent comme nous tous on voulait on a voulu des histoires qui à chaque fois proposent de recommencer des lignes comme un regard qui d’un coup s’arrêtait sur un nodule une image des corps des personnes car besoin de dire on voulait essayer laisser trace on a voulu un regard sous l’action de contraintes modifier à peine l’amorçage de fissures des images leur fatigue on voulait tout en sachant on a voulu qu’une image aussi elle altère nos parcours crée des détours de l’inattendu des trouvailles les yeux écarquillés l’envie on voulait saisir par des éclats des lueurs la fatigue un regard en fatigue concorder l’infini de la fin qui résiste on voulait on a voulu en fin de compte essayer dire grâce et suite à l’invitation de l’invitation situés au fond pour inviter dire on voulait aussi la fatigue la situation là où les images on a voulu ces choses partagées accorder du sensible à cette durée du regard qui dit prêts à partir à dire au revoir ce furent des rencontres pour dire ce furent des histoires pour dire écrire en acte décrire en geste dans les mots qui nous manquent nos images déployer une phrase encore à entrevoir déceler la gratitude de ces lignes du silence enfin

amicalement vôtres

P.A. & E.J.

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9 septembre 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur Textures de l’animalité

Textures de l’animalité

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Rodrigo Braga, Comunhao / Communion, 2006. Photographie ©Rodrigo Braga

Nous pouvons lire l’animalité au travers de ses textures, de ses détournements. Maurice Merleau-Ponty, dans ses cours sur le concept de Nature, écrivit dans l’une de ses notes que la vie ne poursuit pas obligatoirement ce qu’elle a commencé. Ce risque d’inaccomplissement d’un projet est appelé accident. Ces failles d’origine naturelle ou biologique étaient habituellement identifiées dans le champ de la culture, c’est à dire dans le cadre d’une vie intellectuelle dotée en elle-même d’une forte cohérence. De sorte qu’à la nature revenait une place extérieure et que tout compte fait, l’humanité la dominerait grâce au progrès technologique. Penser l’animalité à partir de ses tissus permet de reconsidérer cette séparation comme une façon de plus d’entretenir l’illusion que nous sommes à l’abri sous notre épithète d’humain.

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26 août 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur La main, l’eau, la pierre

La main, l’eau, la pierre

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Oscar Muñoz, Re/trato [Portrait/Je réessaie], 2004. Projection vidéo 4/3, couleur, sans son, 28 min. Courtesy de l’artiste.

Pour Ana Kiffer

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Ce n’est que demain que je pourrai décrire tout ça, me suis-je dit. Peut-être, demain, ou après-demain, ou un jour qui pourrait être le lendemain équivoque de cette exposition. Ce n’est qu’après avoir essayé des mots (je ne sais plus combien), comme d’habitude, lorsque des images nous interrogent, que je me décide à délier quelque chose, convoqué par une série d’images en particulier.

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21 juillet 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur La situation du baladin

La situation du baladin

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Jordi Colomer, “Medina-Parkour” (extrait), 2013. Video réalisée à partir de photographies numériques, 3′ 05″. © Jordi Colomer

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Les toits du monde attirent les enfants que nous étions. Ils continuent à les attirer : parcourir les toits, se sentir plus près des nuages, en plein jour, se balader, un peu, s’éloigner du sol, des autres, pour un instant. Les toits reproduisent, dans certaines villes, toutes sortes de ruelles et leurs méandres, comme celles que l’on trouve en bas, mais encore plus “bricolées” : pas de signalétique, pas de feu rouge ni de contraintes, sauf les limites propres à un espace en suspension, à découvrir. La ville, les situations qu’elle provoque ou qui l’habitent, trouve ici un autre type d’espace, une autre manière d’expérimenter le corps. Un espace qui, selon nos vécus, n’est pas toujours regardé, mais toujours rêvé.

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11 juillet 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato (fin)

La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato (fin)

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3. Couper la corde

Dès le XVIIIe siècle, les Jésuites introduisirent dans le nord du Brésil une procession en l’honneur de Notre Dame de Nazareth. Ce cortège, connu sous le nom de Círio de Nazaré (« Cierge de Nazareth »), réunit plus de deux millions de personnes dans la ville de Belém. La corde fut introduite en 1868 afin de repêcher l’image de la vierge immergée dans l’eau. Elle devint peu à peu l’espace autour duquel s’échangent promesses et grâces obtenues. Il s’agit d’une ligne de traction de 800 mètres environ. Corda (Pablo Lobato, 2014, vidéo, 6′47″) revisite la signification matérielle de l’objet dans cette tradition.

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10 juillet 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato (suite)

La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato (suite)

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2. Chanter la douleur

La douleur peut se muer en une sorte de chant. Un fausset ou falsetto, en italien, est une forme de contraction des cordes vocales produite par une voix clairement masculine. Une fois de plus, c’est le son, en l’occurrence un chant, qui guide les images de Pablo Lobato. Ces hommes transforment leurs voix en les rendant plus aiguës, les infléchissent, et simulent ainsi une douleur vraiment ressentie, rappelant la définition que Fernando Pessoa donne du poète : un simulateur. Douleur inévitable pour tout un chacun comme pour la communauté. La douleur n’est jamais seulement personnelle, elle vient de loin. Ce qui signifie également que la douleur de celui qui chante en groupe est aussi celle de celui qui écoute.

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9 juillet 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato

La cloche, le chant, la corde : trois plis de Pablo Lobato

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1. Les contours du corps et de la cloche

La cloche sonne. Elle sonne dans une église du Minas Gerais, au Brésil. Dans plusieurs villes, où les traces du passé colonial sont visibles et ostensibles, sonner les cloches est en effet chose courante depuis le XVIIIe siècle. Cette coutume donna naissance, durant la période coloniale, à des rythmes que les autorités de l’Eglise elles-mêmes ne connaissaient pas, car le sonner de cloche étant une activité réservée aux esclaves, ceux-ci lui insufflaient une cadence ponctuée de rythmes africains.

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3 juillet 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur Si c’est un homme. La double malédiction du travail selon Nuno Ramos.

Si c’est un homme. La double malédiction du travail selon Nuno Ramos.

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Installation de Nuno Ramos, “É isto um homem?” au Musée de l’Immigration de São Paulo, 2014. © Nuno Ramos

Le livre Si c’est un homme introduit une expérience limite, au-delà des frontières, évoquant clairement la littérature de témoignage qui, en racontant aux autres, comme le fait Primo Lévi, les fait participer à l’une des plus grandes atrocités du XXe siècle, la Shoah. Il y a dans ce livre une unité formelle qui contient en elle l’urgence de dire, comme l’écrit l’auteur dans sa préface : « les chapitres en ont été rédigés non pas selon un déroulement logique, mais par ordre d’urgence ».

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25 juin 2014 | Non classé | Commentaires fermés sur Solon Ribeiro ou la brève histoire du hold-up du cinéma

Solon Ribeiro ou la brève histoire du hold-up du cinéma

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Photogramme du film de Solon Ribeiro Perdeu a memoria e matou o cinema (Il a perdu la mémoire et il a tué le cinéma), 2013.

« Hollywood, en somme la ville pour nous faire sangloter ou rire aux larmes, la marchande de coups de revolvers, d’empoisonnements et de pillage de banque et, en général, de tout ce qui fait circuler le sang. Hollywood est aussi le dernier boudoir où la philosophie (devenue masochiste) pourrait trouver les déchirements auxquels, enfin, elle aspire: en vertu d’une immanquable illusion il ne semble pas, en effet, qu’on puisse encore rencontrer ailleurs des femmes assez dénaturés pour paraître impossibles d’une façon aussi criante. C’est que toute la terre leur jette chaque jour l’argent pour qu’elles ne lui fassent pas faute, ainsi qu’autrefois cela se faisait aux statues des divinités ou des saintes: triste moyen de placer ce qui sauve le cœur dans un mirage clinquant. »
Georges Bataille, « Lieux de pèlerinage : Hollywood ». Documents, 1992, p. 194.

Le thème du grand hold-up occupe fréquemment le grand écran. L’industrie du cinéma s’en prit avec romantisme aux grandes institutions de la finance. De jolis visages parfois masqués surgissaient l’arme au poing au cri de « mains en l’air ». Une fois l’argent volé, la police arrive immédiatement et la cavale peut commencer. C’est ainsi que des générations de spectateurs ont été prises d’assaut par le cinéma.

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19 juin 2014 | Non classé | 1

Un soir, cent ans

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Nicanor Parra. Photographie Claudio Pérez © C. Pérez

Nicanor Parra.
Photographie Claudio Pérez © C. Pérez

C’est l’image d’un poète. Son visage, il le cache derrière ses mains. Comme un enfant. Comme s’il y avait quelque chose qu’il ne voulait pas voir. Peut-être la mort. Peut-être notre absurdité, nos normes, notre maladresse. Ne serait-il pas en train de jouer avec nous, enfants de la prose ?

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