— Portrait filmé
Sophie Ristelhueber


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L’œuvre de Sophie Ristelhueber (France, 1949) s’est imposée, dès le milieu des années 1980, comme l’une des plus représentatives du déplacement de la pratique documentaire vers d’autres champs de l’image, poétiques, politiques et esthétiques. À l’occasion de sa première grande exposition monographique au Jeu de Paume en 2009, elle avait exploré simultanément plusieurs territoires de conflit : d’une part, ceux où les politiques de représentation d’un espace et d’un lieu déterminés font l’objet d’une renégociation et, de l’autre, ceux où le spectateur est tiraillé entre l’intensité de son expérience personnelle, sa capacité de jugement critique et la pression des politiques de représentation dominantes. En 2010, Sophie Ristelhueber a reçu le Deutsche Börse Prize.

Plusieurs pièces de l’artiste sont actuellement présentées dans l’exposition collective “Les Désastres de la guerre. 1800-2014” au Louvre-Lens, jusqu’au 6 octobre 2014. Et vous pouvez découvrir en avant-première son film Pères à la Galerie Jérôme Poggi jusqu’au 14 juin, réalisé à l’invitation du Lab-Labanque de Béthune dans le cadre des commémorations de la Première Guerre mondiale.

Fin 2009, Gérard Alaux, Directeur de la Fondation nationale des Arts Graphiques et Plastiques, nous faisait part de son coup de cœur pour l’exposition de Sophie Ristelhueber :

Le magazine « Quelle est l’exposition du Jeu de Paume qui vous a le plus marqué ces deux dernières années ? »

Gérard Alaux « Sans hésitation, la rétrospective consacrée à Sophie Ristelhueber — du 20 janvier au 22 mars 2009. Je gardais en mémoire des souvenirs d’une présentation de “Fait” au Magasin à Grenoble il y a quelques années et j’ai été frappé, avec le rassemblement au Jeu de Paume de travaux effectués soit antérieurement soit plus tardivement […], par l’homogénéité de l’œuvre et par sa profondeur qui va bien au-delà d’un travail documentaire qui semble être offert à première vue. Les notions de temps et de territoire, plutôt rebattues actuellement et invoquées parfois à tort et à travers, devenaient plus palpables, dans cette présentation, par l’économie du moyen photographique — souvent – et aussi par la distance juste des travaux exposés.

« C’est le terme militaire de “théâtre des opérations” qui me vient bizarrement à l’esprit en repensant à cette exposition. J’avais beaucoup aimé aussi, lors de cette exposition, l’ouverture de l’espace du Jeu de Paume vers le jardin qui donnait une dimension particulière à la présentation de certaines séries. »

Pour en savoir plus :
Exposition « Sophie Ristelhueber » au Jeu de Paume, 20/01—22/03/2009

Visuel à la Une : Sophie Ristelhueber, Fait #20 (détail) © Sophie Ristelhueber / ADAGP, Paris, 2009