— Entretien
Meeting Point  #4: Shelley Rice & Esther Ferrer


Publié le



Note : En cas de problème concernant l’écoute de ce fichier audio sous Safari, nous vous invitons à modifier les paramètres de votre navigateur, dans le menu “Safari” > “Préférence” > “Avancées”. Ici, décochez la mention « Arrêter les modules pour économiser de l’énergie ».

Shelley Rice poursuit sa série des Meeting Point, avec l’artiste Esther Ferrer, dont l’œuvre a récemment fait l’objet d’une exposition monographique au MAC/VAL : « Face B. Image/Autoportrait ». Elles s’entretiennent de la question du temps, thème de prédilection de l’artiste, et de son médium favori, le corps. Mais cette rencontre est surtout l’occasion de questionner l’évolution dans le temps d’une œuvre vivante et résolument ouverte aux interprétations. En ce sens, Shelley Rice et Esther Ferrer abordent le contexte politique de l’Espagne franquiste, avant d’évoquer l’influence et l’expérience du minimalisme dans les années 1960, jusqu’aux évolutions technologiques contemporaines (réseaux sociaux et selfies entre autres) et les nouvelles lectures qu’elles peuvent générer.




Née en 1937 à Saint-Sébastien (Espagne), Esther Ferrer vit et travaille à Paris depuis les années 1970 et a représenté l’Espagne à la Biennale de Venise en 1999. En 1967, elle rejoint ZAJ, groupe fondé par Raymond Barcé, Walter Marchetti et Juan Hidalgo en 1964 et lui reste fidèle jusqu’à sa dissolution en 1997. ZAJ émargeait dans le contexte de l’Espagne franquiste, sous l’influence de John Cage ou encore Marcel Duchamp et dans la mouvance de Fluxus, sans lui être réellement affilié. Ce groupe privilégiait les performances radicales et expérimentales où la musique avait une importance majeure. Que ce soit en collaboration avec ZAJ ou dans sa pratique plus personnelle, Esther Ferrer mène un travail plastique multiple, orienté vers l’action éphémère. Figure emblématique de la performance, sur laquelle sa démarche est majoritairement fondée, elle crée également des photographies retravaillées, vidéos, installations, maquettes et objets, toujours empreints d’une rigueur particulière.


Shelley Rice est professeur à la New York University et enseigne conjointement au sein des départements « Image et photographie » et « Histoire de l’art ». Critique, historienne de la photographie et des arts multi-media, commissaire d’exposition et journaliste, ses articles ont notamment été publiés dans les colonnes de The Village Voice, The Soho Weekly News et Artforum. Elle a écrit plusieurs ouvrages, parmi lesquels Parisian Views, Inverted Odysseys: Claude Cahun, Maya Deren, Cindy Sherman, The Book of 101 Books (ed. Andrew Roth). Elle a également participé à des monographies d’artistes contemporains, telles que Vik Muniz: Obras Incompletas, Candida Hofer: In Portugal (avec José Saramago) et plus récemment Xing Danwen qui doit paraître chez Prestel en 2014. Shelley Rice s’est vue décerner successivement les bourses de recherche du programme Fulbright, de la fondation Hasselblad et de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation. Elle a également été lauréate du prix PEN/Jerard et a reçu l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2010. En 2012, elle est conviée à tenir un blog pour le magazine en ligne du Jeu de Paume. Actuellement, elle est professeur invitée à l’École Normale Supérieure dans le département d’Histoire & Théorie des Arts.


Liens

Esther Ferrer, « Face B. Image / Autoportrait » au MAC/VAL
Esther Ferrer, site de l’artiste
Esther Ferrer / “Encore une performance ?”, Centre Pompidou, 2010