— Entretien
Ali Kazma


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Jusqu’au 21 octobre 2012, à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse, Ali Kazma présente « Past », une installation vidéo coproduite par le Jeu de Paume dans le cadre du Printemps de Septembre. Dans cette dernière production, il a suivi les travaux des archéologues sur le site de Bibracte, au coeur du Morvan. Depuis le début des années 2000, Ali Kazma a filmé des métiers, ou plus précisément des activités humaines : boucher, horloger, taxidermiste, ouvrières du textile, danseurs, peintre…  Mais  il traite ce sujet d’une manière très spécifique : il évite toute approche idéologique de la notion de travail, et se dégage d’une vision documentaire en réalisant un travail de réalisation et de montage sophistiqué et directement corrélé à l’activité filmée, notamment par le choix du rythme ou de la distance. Ainsi, Amy Barak et Paul Ardenne soulignent dans leur conversation1la complexité du travail esthétique réalisé — qu’il s’agisse de l’image ou de la prise de son —, qui agit tel un miroir de l’action filmée. Il en résulte une oeuvre en forme de portraits-autoportrait, mais qui n’est jamais figée. Devant ces flux poétiques que sont les vidéos d’Ali Kazma, le spectateur n’est pas prisonnier d’une interprétation qui serait imposée par l’artiste. Le magazine a donc souhaité l’interroger afin de mieux comprendre ce qu’il filme, et pourquoi.



Né en 1971 en Turquie, Ali Kazma vit et travaille à Istanbul. Vidéaste, il participe à de nombreuses expositions en France, en Suisse, en Amérique Latine, en Italie, aux États-Unis. Son travail a été montré dans le cadre des Biennales d’Istanbul 2001 et 2010, à l’Istanbul Modern, à la Biennale de la Havane à Cuba, au San Francisco Art Institute en 2006, et au Palais de Tokyo dans le cadre d’un « Special film screening », présenté à l’occasion de l’attribution du Prix Nam June Paik, qu’il obtient en 2010.


Liens

Ali Kazma : « Past » 
Ali Kazma : Le rêve d’une « encyclopédie humaine » 
1Conversation entre Ami Barak et Paul Ardenne