— La parole à…
Catherine Gonnard : Eva Besnyö, une femme de son siècle


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Lorsque Eva Marianne Besnyö naît en 1910 à Budapest, les femmes commencent dans toute l’Europe à accéder à l’enseignement supérieur et à pouvoir aller à l’université.

Vue de l’exposition « Eva Besnyö : l’image sensible » au Jeu de Paume. Collection Iara Brusse, Amsterdam © Jeu de Paume, 2012

En Hongrie depuis 1895, elles peuvent suivre les cours universitaires de lettres et de médecine. Depuis 1848 un peu partout en Europe des mouvements féministes s’activent, la hongroise Rosika Schwimmer1 est une féministe reconnue depuis 1897 dans le mouvement international suffragiste ainsi que dans le mouvement pacifiste. L’avocat Bela Blumengrund, le père d’Eva, qui a choisi de transformer son nom en Besnyö pour éviter l’antisémitisme ambiant, est un des avocats des mouvements féministes et féminins hongrois. La seconde des trois filles de Bela Blumengrund et de Ilona Kelemen peut compter comme ses sœurs sur le soutien familial pour accéder à l’indépendance et à la culture. Si ses sœurs vont choisir de faire des études supérieures, l’une en sciences politiques et l’autre en littérature allemande, elle, c’est avec la photographie qu’elle va trouver l’indépendance et une profession.

Eva Besnyö, Autoportrait, Budapest, 1929 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Elles vont être toute une génération de jeunes austro-hongroises à faire ce choix : Marian Reismann (1911-1991), Irene Blühova (1904-1991), Ata Kando2 (1917), Ergy Landau (1896-1967), Rosie Ney (1897-1972) , Suzanne Szasz (1915-1997), Ylla (1911-1955), Kata Kalman (1909-1978), Judit Karasz (1912-1977)… Un choix qui pour beaucoup d’entre elles va aussi leur sauver la vie en leur permettant de s’exiler facilement et de continuer à travailler sans avoir à pâtir de difficultés linguistiques lorsque purges politiques et pogroms antisémites vont se multiplier. Si ce choix s’impose à elles, c’est aussi que la photographie est très accessible aux femmes dès ses débuts, la « légitimité masculine des vieux maîtres » y étant moins pesante que dans les beaux-arts. Les progrès techniques allègent aussi beaucoup le poids du matériel, un matériel relativement peu cher et de plus en plus performant. Enfin, pour celles qui rompent avec le travail en studio, la photographie leur offre aussi les rues de la ville, en leur donnant une raison de devenir des « flâneuses » à une époque où les femmes de la bourgeoisie se promènent encore rarement seules. C’est aussi un métier qui permet de gagner facilement sa vie (la plupart des professions ouvertes aux femmes permettent à peine de survivre aux célibataires) alors que les magazines illustrés et la publicité prennent un essor important. On peut donc considérer la photographie comme un accès privilégié à la modernité pour ces jeunes femmes qui elles-mêmes vont contribuer par leurs photographies à construire une nouvelle image des femmes.

Eva Besnyö, Eva et Magda, Hongrie, 1929 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Dès ses années de formation chez le photographe Jozsef Pésci, on sent Eva Besnyö sensible à la place des femmes, elle n’hésite pas à rejouer la Création d’Adam (Michel Ange, entre 1508-1512) au féminin avec l’une de ses sœurs dans un jeu d’ombre (Eva et Magda, 1929). Dans les clichés qu’elle fait d’enfants jouant dans les rues, elle montre, à l’encontre des clichés habituels, des petites filles très actives. Une fois son diplôme en poche, c’est à Berlin qu’elle s’installe, en 1930. Bien sûr, les hommes de son entourage sont importants : György Kepes, Lazlo Moholy-Nagy, John Fernhout, Joris Ivens … pour sa formation, son travail photographique, sa prise de conscience politique (bien qu’il ne faille pas oublier l’engagement du père), ou son approche du cinéma expérimental russe.

Eva Besnyö, « le cinéaste Joris Ivens », Amsterdam, 1933 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Mais l’on ne doit pas oublier l’importance des femmes dans ce Berlin de la république de Weimar. La nouvelle constitution leur donne depuis 1919, le droit de vote et l’égalité de droit. L’ombre de la grande Rosa Luxembourg n’est pas loin, et les jeunes femmes ont conscience depuis la guerre de 1914-1918 de leur rôle économique et politique. À Berlin, les femmes sont extrêmement visibles et actives dans un pays encore marqué par les tueries de la guerre même si, au moment où Eva Besnyö y arrive, la crise économique et politique est au plus fort, et que les lois extrêmement dures contre l’avortement, l’homosexualité vont dans le sens d’un retour à l’ordre familial et patriarcal. Les amies, les connaissances : Chaja Goldstein (la danseuse de cabaret amie de Kepes), la photographe et amie de Joris Ivens, Germaine Krull, déjà à Paris, la photographe Gerda Taro qui va partir avec Robert Capa en Espagne, sont comme elle des femmes modernes qui ont décidé de prendre leur vie en main. Photographes, peintres, chanteuses, danseuses… les métropoles découvrent l’art côté femmes : toutes inventent de nouveaux modèles de femmes et sont autant de modèles les unes pour les autres.

À son arrivée en 1932 aux Pays-Bas (où le droit de vote des femmes existe aussi depuis 1919), sa rencontre avec la peintre Charley Toorop, va être essentielle. En effet, Charley Toorop va faire entrer Eva Besnyö au cœur de la modernité néerlandaise. Fille du peintre symboliste, Jan Toorop, mère du peintre Edgar Fernhout et du jeune cinéaste photographe John Fernhout, Charley Toorop est au centre d’une dynastie d’artistes. Chez elle à Bergen, se croisent ou se sont croisés tous les courants de l’avant garde néerlandaise : Piet Mondrian, Bart van der Leck, E.T.L. Mesens, Gerrit T. Rietveld (De Stijl, la nouvelle objectivité), John Rädecker et Henk Chabot (l’expressionisme), Pyke Koch…et bien sûr Joris Ivens. En cette première partie du XXe siècle, rares sont les artistes femmes qui bénéficient d’un tel soutien intellectuel et de la présence d’une telle communauté artistique. Mère de trois enfants qu’elle a élevés seule après un mariage raté, Charley Toorop qui a vu ses toiles détruites par son mari Henk Fernhout, connaît également les difficultés d’être une femme et une artiste. Jan Toorop, qui a beaucoup soutenu sa fille quand elle a commencé à peindre, était lui aussi très sensible à la cause féminine. En 1898, il a réalisé l’affiche de l’exposition hollandaise sur le travail des femmes et en 1900, il a peint le portrait de M.J. Lange3, féministe qui luttait contre le port du corset. Par ailleurs, il était proche également de nombreuses artistes femmes : Anna Bloch, Euphrosine Beernaert, Jacoba van Heemskerck.


Playlist vidéo.  1. “Curator’s Choice” : Charley Toorop / 2. Joris Ivens : Regen (1929) / 3. John Fernhout : And So They Live (1940) / 4. Dora Gerson : Vorbei

Après son divorce, Charley Toorop choisit de rester en union libre avec les hommes qui croisent sa vie, preuve d’une grande indépendance d’esprit pour l’époque. Dès leurs premières rencontres, Eva Besnyö va photographier la peintre au travail. C’est le début d’une longue collaboration puisque certaines photographies vont être aussi utilisées par la peintre pour son travail notamment pour son tableau « Trois générations ». La jeune photographe s’est si vite intégrée dans le groupe d’amis qu’elle apparaît dans la toile manifeste de Charley Toorop « Repas des amis » (1932-1933), devant l’artiste elle-même au côté de John Fernhout. Dans cette toile, on remarque que Charley est attentive à la place des femmes, celles-ci sont sensiblement du même nombre que les hommes. Eva et Charley resteront toujours amies même après la séparation d’Eva et de John en 1937. Charley Toorop l’aidera à trouver du travail auprès de ses amis architectes, et la soutiendra pendant la guerre, en l’aidant à se procurer une fausse identité.

Peu à peu, Eva Besnyö va documenter le travail de Charley Toorop : montrer les différentes phases d’un même tableau. Elle va la mettre en scène dans l’architecture révolutionnaire de la maison atelier aménagée par Gerrit T. Rietveld, la plaçant au centre des artistes, des intellectuels qui fréquentent Bergen. Ainsi elle révèle la véritable place de l’artiste dans l’art néerlandais, une place qu’il sera impossible de gommer. De même, la photographe Gisele Freund va documenter à Paris le rôle des libraires Sylvia Beach et Adrienne Monnier dans le milieu littéraire. Les deux photographes ont compris que c’était à elles de rendre compte de la place de ces femmes dans l’art ou la vie culturelle de leur époque. Eva Besnyö va d’autant plus être sensible à cette importance de la photographie témoin, qu’elle va être directement confrontée à la disparition des communautés juives en Hongrie, en Allemagne, aux Pays Bas : son père, la chanteuse Dora Gerson… et nombres de ses amis vont périr en camps d’extermination.

Cas Oorthuys et Johan Voskuil, affiche pour l’exposition «  D-O-O-D »

Témoin à Berlin de la montée du nazisme et des violences antisémites, elle rejoint à Amsterdam le cercle des photographes-ouvriers et devient membre de leur association. Son travail est alors marqué par l’urgence politique, il faut dénoncer la misère, les dictatures fascistes et nazis. À partir de 1934, elle cohabite avec le photographe Carel Blazer, et l’architecte Alexandre Bodon :

nous étions tous de gauche et antifascistes, bohémiens et libre penseurs

dira-t-elle plus tard en parlant de cette époque. En 1936, elle devient membre du BKVK, fédération des artistes pour la protection des droits culturels et participe à l’exposition « D.O.O.D. De Olympiade Onder Dictatuur », exposition de photos, de caricatures, de photomontages… pour dénoncer la terreur et les violences qui ont lieu à Berlin où vont se tenir les jeux Olympiques. Elle sera une des organisatrice de l’exposition internationale « Foto’37 », qui a surtout l’ambition de montrer la place qu’a prise la photographie comme art, comme moyen d’expression, mais aussi comme outil de dénonciation, là encore la politique pèse de tout son poids, ses amis : Carel Blazer, John Fernhout, Joris Ivens4, Robert Capa, Gerda Taro… sont engagés à côté des républicains dans la guerre d’Espagne.

Peu après l’invasion par les nazis des Pays Bas en mai 1940, les lois antisémites empêchent Eva Besnyö de travailler sous son nom. Elle entre dans la clandestinité à l’automne 1942 et va participer à la résistance en faisant des photos d’identité pour les faux papiers. Après la libération, c’est le temps de la reconstruction personnelle et collective. Elle épouse Wim Brusse avec qui elle vit depuis 1938, ils divorceront en 1968. Avec la naissance de leurs deux enfants, son temps est partagé, Eva Besnyö se découvre mère, épouse et photographe. Une de ses photos prise en 1945 montre Wim Brusse tenant tendrement leur fils bébé contre son cou, la photo révèle les gestes nouveaux de l’amour paternel et montre aussi l’acuité du regard de la photographe sur ces changements du quotidien, des changements encore minimes.

Les années 1970 la surprennent libre de son temps, toujours attentive à la place des femmes, toujours prête à s’engager et surtout à témoigner. Les jeunes femmes et les jeunes gens du groupe féministe Dolle Mina disent que les temps changent. Il faut des crèches pour que les femmes puissent travailler comme les hommes, il faut le droit à l’avortement pour qu’elles ne meurent plus dans la clandestinité, il faut que les comportements machistes disparaissent pour que toutes les femmes puissent se promener librement dans la rue, il faut aussi qu’aucun enseignement ne leur soit interdit. Issus des partis politiques de gauche et du mouvement de libération sexuelle Sexpol, elles et ils ont décidé d’alerter l’opinion publique par des actions d’éclats relayées par les mass media. Elles et Ils occupent la rue en organisant des crèches sauvages, interpellent les hommes sur leurs habillements, font de joyeuses et bruyantes manifestations de rues. Eva Besnyö va les suivre, les photographier, et participer activement au mouvement : la femme et la photographe enfin unies dans un seul engagement.

Eva Besnyö, sans titre, 1976 (Action menée par les Dolle Mina, “Terug naar de Breinaald” / “Retour à l’aiguille à tricoter »)

Photographes et mouvements féministes des années 1970

Sans doute est-ce la même nécessité qui avait menée Eva Besnyö à documenter le travail de la peintre Charley Toorop, qui l’a poussée à quelque peu oublier le formalisme de la « nouvelle vision » pour poursuivre avec un regard plus humaniste, présent aussi dans son œuvre, un travail de photo-reporter axé sur le groupe féministe des « Dolle Mina ».

Vue de l’exposition « Eva Besnyö, 1910-2003 : l’image sensible » au Jeu de Paume. Photo Adrien Chevrot © Jeu de Paume 2012

La transmission de la mémoire et la conservation des archives font partie des grandes préoccupations des mouvements de femmes. Des mouvements  collectifs de la première vague, couvrant le XIXe siècle et le début du XXe, en faveur de l’émancipation des femmes, marqués par la conquête de l’égalité des droits dans la sphère publique, comme de ceux de la deuxième vague qui à partir des années 1960-1970 contestent la domination masculine, s’engagent pour la « libération des femmes », y compris dans la sphère privée. Pour que la sujétion et la condition des femmes soient sensibles à tous,  il faut non seulement documenter leur existence, décrire et dénoncer les discriminations mais aussi écrire et garder trace des luttes en train de se faire et de leurs actrices. De sorte que les féministes vont développer dans le temps, centres de documentations, fonds d’archives, bibliothèques dans l’espoir de permettre à leurs histoires d’entrer enfin dans l’histoire. Pour la première vague, les journalistes, les écrivaines, les pamphlétaires, les avocates vont être de grandes productrices de documents imprimés. Les photographes, hommes ou femmes, produisent surtout des portraits de suffragettes, des photos de réunions militantes, quelques manifestations de rues qui vont illustrer les articles de presse. Lors de la deuxième vague, des femmes photographes mais aussi vidéastes vont être au cœur des mouvements en amateures, en professionnelles ou comme artistes. Les actions provocatrices et souvent ludiques, choisies après 1968 par les collectifs féministes, sont très visuelles  et attirent les caméras.

Aux Pays Bas, les « Dolle Mina », groupe féministe mixte et de culture marxiste, participent à ce courant d’actions performances de rue, où humour et provocations s’unissent dans une ambiance festive. Eva Besnyö ne suit pas seulement les  « Dolle Mina » comme photographe, elle est une des activistes du mouvement comme le montrent photos et vidéos. Les analyses marxistes qui étaient portées auparavant par les hommes et les femmes de son entourage l’étaient sur des situations qui leur étaient souvent extérieures : guerre d’Espagne, mouvements ouvriers … Là, il s’agit pour la photographe de son quotidien, de celui qu’elle a partagé avec ses amies, avec Charley Toorop, avec les compagnes, les épouses des hommes de son entourage : la contraception aléatoire, les avortements clandestins, la garde des enfants quand le travail attend, la double moralité qui permet beaucoup plus aux hommes… C’est en activiste féministe qu’Eva Besnyö choisit de se faire le relais avec les médias qui vont diffuser les actions du groupe, d’ailleurs elle n’en photographie qu’un, le sien : les « Dolle Mina », et ne documentent pas les actions des autres groupes du mouvement. En complément de ce travail militant, elle fera en 1974 une grande campagne photographique sur des femmes au travail dans les professions jusque là réservées aux hommes.

Eva Besnyö : Arrestation des Dolle Mina, La Haye 1974 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Alors que les photographes femmes de la génération d’Eva Besnyö avaient été nombreuses dans l’avant-guerre, il semblerait que rares soient celles qui se soient investies dans la deuxième vague féministe en Europe. Dans l’état des recherches sur le sujet, le cas d’Eva Besnyö semble même assez singulier. En France, Janine Nièpce5(1921-2007) est une photographe reporter reconnue quand elle décide de suivre les actions du mouvement féministe français, surtout celles autour de la contraception, de l’avortement avec le MLAC, le planning familial… Toute jeune résistante en 1944, elle a développé des photos pour les renseignements et participé aux actions de la libération en France. Après avoir fait des études d’art, elle choisit de se former à la photographie. Son intérêt pour les femmes et leur environnement se développe très tôt, elle fait de nombreux reportages sur les femmes au travail ou dans la vie quotidienne dès la libération, elle est particulièrement sensible aux changements en train de se produire dans la France agricole, et les femmes sont pour elle les marqueurs de ces mutations. Dans les années 1950, elle-même se heurte aux hommes pour exercer son métier beaucoup plus masculinisé qu’avant la guerre, comme elle le raconte dans ses souvenirs. C’est avec une certaine évidence qu’elle passe comme photographe reporter du mouvement étudiant de 1968 aux féministes des années 1970. Tout en se revendiquant elle-même féministe, elle n’est pas une militante active, et reste toujours derrière l’appareil photo.

Plus souvent, c’est en participant aux mouvements féministes que certaines vont devenir photographes, elles auront alors l’âge de celles qu’elles accompagnent au jour le jour. Aux Pays-Bas, Marian Bakker (née en 1944) commence en 1974 à photographier le mouvement des femmes ainsi que les groupes lesbiens en amateure. Elle est là, active et militante, et photographie dans la continuité de son engagement, elle suivra des cours pour devenir professionnelle en 1981 et se lancera comme photographe « free lance » en 1984. De même en France, Catherine Deudon6, élève de la photographe Denise Colomb, est une toute jeune photographe quand elle rencontre le mouvement des femmes en 1970.

Catherine Deudon choisira plutôt de rendre compte des actions extérieures : manifestations, meetings, rencontres nationales et internationales, tribunes… plutôt que des moments plus intimes mais produira en même temps un genre de portraits collectifs où l’on peut suivre les unes et les autres d’année en année. La plus grande difficulté pour ces jeunes photographes va être de trouver leur place, alors que se mêlent pour elles, moments intimes d’amitié, de partage, de colère, d’amour et actions politiques. A Berne en Suisse, Helga Leibundgut commence à photographier les activités du mouvement en 1975, enseignante, la photographie est pour elle une passion. En 1979, elle suit un stage aux rencontres internationales de la photo à Arles avec Anders Petersen et Mary Ellen Mark. Elle photographiera toutes les actions importantes du mouvement suisse jusqu’en 1985…

Ainsi pourrait se tracer une cartographie européenne de jeunes femmes qui dans les années 1970 commencent à photographier ce mouvement dont elles sont parties prenantes, et dont elles deviennent les relais pour les historiennes, journalistes… des temps présents.Certaines resteront amateures, d’autres se font professionnelles de la presse militante de gauche comme Gabriella Mercadini en Italie, d’autres comme Luisa di Gaetano entre marionnettes, poésie et photographie, restent des artistes.

Catherine Gonnard

Catherine Gonnard est journaliste et essayiste, spécialiste de l’histoire des femmes et de l’homosexualité féminine. Elle est coauteure avec Elisabeth Lebovici de Femmes artistes / artistes femmes. Paris, de 1880 à nos jours aux éditions Hazan. Elle a également écrit plusieurs articles pour des catalogues d’exposition sur la peintre Charley Toorop, sur la professionnalisation des artistes femmes, ou encore sur Claude Cahun. Elle travaille essentiellement sur les réseaux, les organisations d’artistes femmes de la fin du XIXe siècle à la seconde guerre mondiale. Elle a aussi participé aux mouvements féministes et lesbiens comme journaliste.

[1] Rosika Schwimmer : Biographie par Beth Wenger (EN)
[2] Ata Kando (1913) et Eva Besnyö (1910 — 2003), toutes deux photographes d’origine hongroise, se sont rencontrées en 1952. Elles furent dés lors de très bonnes amies. En 2008, une exposition à la Kahmann Gallery, Amsterdam, présentait leurs travaux conjointement. Consulter le site officiel d’Ata Kando.
[3] En savoir plus sur ce portrait de Jeanette de Lange par Jan Toorop.
[4] Radioscopie sur le site de l’INA, 1976 : Joris Ivens s’entretient avec Jacques Chancel au sujet de l’évolution de son engagement politique, en tant que réalisateur.
[5] Janine Niépce, site officiel
[6]Interview de Catherine Deudon par Annie Metz pour le bulletin Archives du féminisme, n° 6, décembre 2003
Voir aussi : Michelle Zancarini-Fournel, « Catherine DEUDON, Un mouvement à soi. Images du mouvement des femmes, 1970-2001, Paris, Syllepse, 2003, 213 p. », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 19 | 2004, mis en ligne le 24 juin 2004