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“Ai Weiwei: Never Sorry”, un film d’Alison Klayman


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Ai Weiwei: Never Sorry TEASER from Ai Weiwei: Never Sorry on Vimeo.

«  Ai Weiwei, entrepreneur, activiste, porte-parole politique, agent provocateur et, à lui tout seul, tout un réseau. Comme par le passé, les sociétés du monde entier ont aujourd’hui besoin et auront encore besoin à l’avenir d’individus exceptionnels qui, comme Ai Weiwei, leur permettent de rester éveillés, les tirent de leur assoupissement, leur fassent prendre conscience de leur obstination, les empêchent de tomber dans l’aveuglement auquel la routine peut conduire. »

Urs Stahel, directeur du Fotomuseum Winterthur et Marta Gili, directrice du Jeu de Paume

À quelques jours de l’ouverture de l’exposition « Entrelacs » au Jeu de Paume, découvrez la bande-annonce du documentaire « Ai Weiwei : Never Sorry » de la jeune journaliste et réalisatrice indépendante américaine Alison Klayman. Son film sera présenté prochainement en avant première au Sundance Film Festival de Park City, USA, puis lors de la 62e édition du Festival international du film de Berlin. « Ai Weiwei : Never Sorry » est le premier long métrage d’Alison Klayman, mais il fait suite à un long travail d’enquête qu’elle a mené en Chine, en tant que journaliste freelance, de 2006 à 2010. Elle propose ainsi un portrait inédit de l’artiste et du personnage public, qu’elle a suivi depuis 2008, mais aussi de la Chine contemporaine.

 

«  Ai Weiwei : Entrelacs » au Jeu de Paume (21/02 — 29/04/2012)

À la fois architecte, artiste conceptuel, sculpteur, photographe, blogueur, adepte de Twitter, artiste-interviewer et activiste politique, Ai Weiwei est un véritable sismographe des sujets d’actualité et des problèmes de société. En grand partisan de la communication et des réseaux, il oeuvre à ce que la vie rejoigne l’art, et l’art la vie. Centrée sur ses photographies et ses travaux vidéos, « Entrelacs » est la première exposition d’envergure en France consacrée à l’oeuvre prolifique, iconoclaste et provocatrice de cet artiste majeur de la scène artistique indépendante chinoise.
Fils du poète Ai Qing, Ai Weiwei est né à Pékin en 1957. Après des études à l’Académie du cinéma de Pékin, il fait partie en 1978, avec d’autres artistes, du collectif The Stars, qui rejette le réalisme socialiste et défend l’individualité et l’expérimentation dans l’art. En 1983, il s’installe à New York, où il étudie à la Parsons School of Design, auprès du peintre Sean Scully. Il découvre des artistes comme Allen Ginsberg, Jasper Johns, Andy Warhol et surtout Marcel Duchamp, important pour lui au titre de sa conception de l’art comme faisant partie de la vie. Ai Weiwei crée ses premiers ready-mades et prend des milliers de photographies documentant son séjour à New York et celui de ses amis chinois également artistes. En 1997, quatre ans après son retour à Pékin, il contribue à la fondation de la galerie China Art Archives & Warehouse, et commence à se confronter à l’architecture. En 1999, il ouvre son propre atelier à Caochangdi puis, en 2003, crée son bureau d’architecture, FAKE Design. La même année, il participe, aux côtés des architectes suisses Herzog & de Meuron, à la conception du stade olympique de Pékin, le fameux « Nid d’oiseau », qui deviendra le nouvel emblème de la ville. En 2007, il crée pour la documenta 12 une oeuvre qu’il intitule Fairytale et qui nécessite la venue à Kassel de 1 001 Chinoises et Chinois. En 2010, il installe à la Tate Modern de Londres un grand tapis de forme minimale, composé de millions de graines de tournesol en porcelaine, modelées et peintes à la main par des artisans chinois.
Ai Weiwei aborde de front la question des conditions sociales en Chine et dans d’autres pays : il témoigne, au travers de photographies, des démolitions drastiques entreprises à Pékin au nom du progrès ; il adopte, dans Study of Perspective, une attitude irrespectueuse à l’égard des valeurs établies ; il rompt avec le passé dans des oeuvres composées de vieux meubles réassemblés. Son credo reste le même : créer de nouvelles possibilités pour le présent et l’avenir, affirmer ses positions grâce aux dizaines de milliers de photographies – souvent prises avec un téléphone portable – et de textes diffusés sur son blog ou par le biais de Twitter.
Au coeur de cette exposition s’inscrivent précisément cette diversité, cette multiplicité et cette aptitude de l’artiste à tisser des liens, ces entrelacs et réseaux caractéristiques de sa production, qu’on découvre ici au travers de centaines de photographies et de textes de son blog, mais aussi d’analyses explicatives.

Emprisonné par les autorités chinoises le 3 avril 2011, libéré sous caution le 22 juin, Ai Weiwei est, à ce jour, toujours interdit de sortie du territoire.

Alison Klayman a également réalisé un court-métrage autour des photographies de la période new-yorkaise d’Ai Weiwei (1983-1993). Ce documentaire était présenté dans le cadre de l’exposition « Ai Weiwei : New York Photographs » au THree Shadows Photography Art Centre à Pékin en avril 2009.

Ai Weiwei: New York Photographs (with English subtitles) from Alison Klayman on Vimeo.

Liens

«  Ai Weiwei : Entrelacs » au Jeu de Paume
«  Documenting the Story of Ai Weiwei …behind the scenes with filmmaker Alison Klayman »